A la rencontre de nos producteurs au pied du Trièves

On s’est levées avec les poules lundi 30 mars pour aller à la rencontre de 3 producteur-ices en commençant par Tracy Decotte, productrice d’œufs BIO à Miribel-Lanchâtre, au pied de la grande Moucherolle. Toutes réunies dans une même voiture 6 places, heureusement que Nolwenn a l’estomac bien accroché pour la place du fond. On vous raconte cette p’tite excursion !

La Colline aux Oiseaux

Tracy nous avait prévenues, avec l’hiver, la ferme se transforme en un grand champ de gadoue, il faut des bottes ! On est si bien accueillies avec le café et du pain perdu maison, ça nous fait oublier ce réveil matinal du lundi, si inhabituel pour nous. On discute entre les piles de boîtes à œufs et la ponte des derniers jours. Tracy suit minutieusement la production de chaque poulailler – qui portent les noms des grands-mères de la famille : Maurice, Yvonne, Martine et Godeleine.

Passionnée de génétique, Tracy a commencé à élever des poules par loisir, en choisissant des variétés pondeuses d’œufs colorés. Encouragée ensuite par son entourage, cette ancienne géographe a ouvert sa ferme pour retrouver le goût de la vie en plein air après quelques années enfermée dans un laboratoire. Les producteurs d’œufs dans la région se comptent sur les doigts d’une main et les œufs de Tracy sont très demandés. Elle vend à quelques professionnels comme nous, mais aussi en direct de sa ferme ou au marché de Vif.

Tracy est la définition de joie de la vivre, sa bonne humeur est contagieuse ! Mais parfois il y a des coups durs. Après l’attaque de ses poules par des bêtes sauvages, elle a vu sa production chuter, les poules survivantes étant traumatisées. Elle se confie sur le fait que parfois elle se demande pourquoi continuer ce métier si peu rémunérateur et dans lequel on peine à prendre juste une semaine de vacances. Et oui, les poules pondent et mangent tous les jours ! Alors elle se raccroche à ses poules qu’elle affectionne tant, le fait de pouvoir passer du temps avec ses enfants tous les jours même si c’est toujours au milieu des poules, et à la fierté de cette entreprise qu’elle a créé sur les terres qu’elle loue à la famille de son mari. Ce dernier qui est d’un grand soutien sur l’exploitation, toujours prêt à aider après son boulot. Et puis le nouveau lot de poules est arrivé, et l’activité va remonter.

Tracy a choisi d’avoir des poulaillers mobiles, où rien n’est automatisé ou connecté, afin que ses poules aient un maximum de terrain de jeu. C’était aussi un moins gros investissement à l’installation. Seulement, amener l’eau et la nourriture tous les jours rendent la tâche difficile. Elle est à  80 % de production au mieux, c’est à dire que chaque poule pond 8 jours sur 10. Cela pourrait être augmenté si les poules pouvaient manger toutes les 2 heures. Elle envisage un bâtiment en dur, plus moderne pour agrandir son exploitation.

Avoir un élevage bio c’est des coûts supplémentaires. Les poules sont moins nombreuses dans les poulaillers, doivent avoir accès a l’extérieur, mangent des grains bio plus chères et sont plus chères à l’achat car elles ont été élevées en bio dès la naissance. La grippe aviaire est une menace forte pour les éleveurs. Il faut donc s’habiller avec une combinaison et des protèges-chaussures pour ne pas amener de germes de l’extérieur, au top de la mode comme vous pouvez le voir !

Les poules nous picorent les jambes à l’arrivée. Elles sont toutes rousses, ce sont des highline, la rolls-royce des poules pondeuses. Elles perdent parfois leur plumes au niveau du cou à force de se frotter à la mangeoire et les plumes ne repoussent qu’à la mue environ 1 fois par an. Tracy les garde 15 mois minimum puis s’oblige à les vendre à des particuliers pour leur donner une 2ème vie !

 

 

Brasserie des Braü

Avant même qu’ils n’aient le temps d’inaugurer leurs nouveaux locaux au Gua, juste en dessous de chez Tracy, l’équipe du p’tit Ravito déboule à la Brasserie des Braü. Les travaux sont presque terminés et les nouvelles cuves de brassage sont installées. Fini le brassage à la main avec un râteau et les maux de dos, ils passent un cap avec cette nouvelle installation rutilante, presque comme si la brasserie avait atteint l’âge de raison.

Paul nous raconte les débuts qui n’étaient pas aussi flamboyants, les essais dans son appartement qui terminent parfois en feu d’artifice de mousse à même le plancher. Quand ils ont souhaité lancer leur brasserie officiellement, c’était tout juste avant le COVID, au moment où tous les bars étaient fermés et qu’aucune banque ne souhaitait les soutenir dans ce projet qui arrivait au mauvais moment. Sans rien lâcher ils ont fini par se lancer, cela fait maintenant 6 ans que la brasserie existe, ils ont même ouvert un bar en centre ville pour concrétiser leur envie : faire de la bière un moment d’échanges, créer une bière qui rassemble ! Leur nom vient d’un jeu de mots « brother » et « braü » qui veut dire brasserie en Allemand.

La bière c’est tout un art et contrairement au vin, elle est très peu liée à un terroir, c’est la recette et la combinaison des ingrédients qui fait tout et peut être reproduit partout dans le monde, ce qui en fait une boisson très universelle. Le malt est l’ingrédient de base et ce sont en réalité des céréales (orge, blé, riz ou maïs) germées puis fermentées, qui sont d’origine française. Pour donner à chaque bière un goût unique qui se différencie de ses voisines, il existe différents houblons, qui viennent parfois d’Europe mais surtout des États-Unis et d’Australie. La levure est produite en Allemagne. Seule l’eau est 100% locale ! Et en fonction de sa composition en ions, elle peut complètement faire changer le goût !

 

Leurs bières ne sont pas certifiées Agriculture Biologique car ils n’ont pas trouvé comment rester à un prix accessible sans baisser la qualité gustative de leur bières. Ils sont ravis de passer aux bouteilles consignées et ils récupèrent leurs cartons de bières même si ceux-ci ne peuvent pas être réutilisés tels quels dans les machines et cela leur demande pas mal de manutention. Ils ont trouvé une agricultrice qui vient récupérer la drèche (le résidu du brassage) pour la donner à manger à ses animaux. Bonus : ils cherchent des poules pour occuper leur terrain libre, nous les avons mis en contact avec Tracy, la boucle est bouclée!

La Ferme Aromatique

Alors que le ciel se couvre et que la grisaille nous entoure, nous arrivons au pays enchanté de la ferme aromatique qui rayonne par sa verdure. Bienvenue au paradis, à mi-chemin entre ciel et terre. Anouchka nous accueille dans les serres qui abritent sa production de plantes. Elle a repris la ferme de son père, reconverti tardivement vers ce métier horticole. Il était à l’époque le seul producteur de plantes aromatiques bio et avait naturellement trouvé des clients herboristes heureux de trouver des plantes sans intrants chimiques. 

D’abord spécialisée dans la culture de fleurs, elle a repris avec sa soeur, puis seule, cette ferme pour continuer à faire vivre cette entreprise à la retraite de son père. Elle embauche une salariée à l’année. Le métier est très saisonnier, il faut réaliser des semis et boutures à partir de janvier pour assurer les ventes qui se font uniquement sur les mois de printemps, puis en septembre. Tout le chiffre d’affaire est concentré sur quelques mois, il ne faut pas se louper et avoir assez d’énergie pour assurer toutes les foires aux plants de la région sur ces quelques mois. 

Certains visent l’autonomie en blé ou en poules, Anouchka, elle, est autonome en plante à huitre. Elle récolte les graines et entretient d’années en années cette plante amusante et complètement bluffante en goût. Pour d’autres plants elle achète des graines bio à AgroSemens. Il y a plusieurs serres en fonction des besoins en chaleur, eau ou attention. La manutention est importante, et l’arrosage n’est pas encore automatisé ce qui oblige une personne à venir chaque jour allumer l’arrosage à la ferme, c’est un chantier prévu pour bientôt pour leur simplifier la vie. 

Il y a quelques revers de médailles à ce pays de fées. Comme beaucoup dans les métiers agricoles, difficile d’arriver à se payer correctement. Alors même si la ferme donne des avantages, la voiture de fonction ou le téléphone qui peuvent être absorbés en dépenses professionnelles, c’est un défi permanent d’arriver à vivre de ce magnifique métier.

Située sur la zone de captage des eaux de Grenoble, aucune construction n’est autorisée depuis quelques années et Anouchka peine à avoir les autorisations pour installer de nouvelles serres, bien qu’elle soit en BIO, au contraire de ses collègues avoisinants. Toutefois, cela contribue à garder cette zone très peu urbanisée, aux portes de Grenoble, contribuant ainsi au charme de ce petit écrin de verdure. C’est la tête remplie d’odeurs et de noms qui nous font voyager, entre le poivrier kamut ou la menthe-fraise, que nous allons partager un pique-nique sur la ferme. 

Merci à tous les producteurs pour ces visites qui donnent encore plus de sens à notre épicerie, et qui nous permettent de mieux comprendre les différents enjeux et toutes les facettes des produits qu’on vous propose au quotidien !

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